Six suspects et un coupable. » [Christian Souchard].
La B.I.L.E (Banque Internationale du Libre Echange) a été attaquée hier après-midi,
à seize heures. Un homme armé d’un pistolet automatique, le visage dissimulé sous
un bas nylon, s’est fait remettre la totalité des billets contenus dans le coffre. Calme
et très sûr de lui, il s’est enfui en courant sans pouvoir être arrêté par les passants.
L’inspecteur Lafouine est certain d’avoir affaire à un professionnel. Les fichiers
informatiques consultés font ressortir le nom de six anciens détenus arrêtés autrefois
pour des hold-up.
Le portrait robot a mis en lumière les points suivants : l’homme, de race blanche,
était de taille moyenne et s’exprimait dans un français impeccable. D’allure
sportive, il portait un jogging noir de marque Addidas.
Lafouine convoque les six suspects dans son bureau. A la question de l’inspecteur
leur demandant ce qu’il faisait hier entre quinze et dix-sept heures, voici les
réponses de chacun des hommes.
Frédéric Guillou, un homme chauve se rongeant continuellement les ongles et jetant
des regards inquiets à droite et à gauche, a affirmé en baissant la tête : « Je suis allé
déposer des fleurs sur la tombe de ma pauvre maman ».
Joseph N’Diaye, un français d’origine africaine, ancien joueur de football à
Pellouailles-les-Vignes, a dit en riant : « Je suis resté l’après-midi chez moi. J’ai
regardé une cassette des Guignols de Canal Plus ».
Benoît Urbain, fils de bonne famille ayant mal tourné, a confessé avec un petit
sourire : « Ma foi, j’ai flâné près du canal. J’adore contempler la nature dans toute
sa splendeur automnale ».
Johnny Laguesse, magasinier chez Castorama, a juré en crachant par terre : « Hier,
j’avais un rancart avec une gonzesse. On a becqueté ensemble puis on est allé au
cinoche voir un film de baston ».
Ernest Ménigoute, un ancien légionnaire ayant perdu un bras pendant la guerre
d’Algérie, a déclaré au garde-à-vous : « J’ai nettoyé mes armes de collection et
rangé ma vitrine de décorations ».
Georges Latouche, une armoire à glace de plus de cent kilos, a certifié d’une voix
forte : « Ma fille aînée avait besoin de moi pour déménager son appartement. Je
m’suis farci trois étages pendant toute la journée ».
Après ces déclarations, l’inspecteur Lafouine fixe les six hommes et dit :
« Messieurs, ce soir un de vous va dormir en prison ! »
Quel est le nom du coupable ? Ecrivez votre réponse dans le cadre de texte ci-dessous; expliquez pourquoi vous arrivez à cette conclusion.